Musée d'art moderne de Saint-Etienne
|
|
|
|
|
|
 

L'enrichissement des collections

Acquisitions : achats, dons/legs ou dépôts, trois moyens d'enrichir une collection
 
Arnaud Labelle-Rojoux, "Who's afraid of design ?".   Bernard Piffaretti, Sans titre.   Pierre Paulin, Ribbon Chair, 1966.   Jean-Michl Alberola, "Jeanne, Pierrette, Martin, Gotlieb, Spiess", 2002. Série "Heitmatlos"
Arnaud LABELLE-ROJOUX, Who’s afraid of design, 2009. Installation de 18 éléments. Dimensions variables.
© Labelle-Rojoux
> En savoir plus
  Bernard PIFFARETTI, Sans titre, 2004. Acrylique sur toile. Dimensions : 309 x 634 cm. © Adagp, Paris 2010.
> En savoir en plus
  Pierre PAULIN, Fauteuil Ribbon chair, 1966. Editeur Artifort (Pays-Bas). Achat à Mercier & Associés (Paris) en 2009. © DR.
> En savoir plus
  Jean-Michel ALBEROLA, Jeanne, Pierrette, Martin, Gotlieb, Spiess, 2002. Série "Heitmatlos". Gouache sur papier. 150 x 118 cm. Achat avec l’aide du FRAM Rhône –Alpes. © Adagp.
> En savoir plus

Découvrez d'autres acquisitions : achats, dons/legs et dépôts (pdf à télécharger)

L’enrichissement des collections peut se faire grâce aux acquisitions, aux dons (ou legs) et aux dépôts.
Les acquisitions récentes du musée suivent deux axes : d’une part la prise en compte de la création actuelle grâce à l’achat d’œuvres emblématiques telles celles de Gilbert et George, Bertrand Lavier ou Wim Delvoye, et d’autre part une attention toujours portée au design, avec Marc Newson, Verner Panton ou Joe Colombo.

Les donations et legs ont été nombreux dans l’histoire des collections du musée : Jacqueline Brauner, François et Ninon Robelin, Vicky Rémy... La Caisse des Dépôts et de Consignation, qui avait effectué en 1995 un dépôt de 58 œuvres au Musée d’Art Moderne, a décidé de faire un don de cet important ensemble au musée.
Les dépôts qui enrichissent les collections du musée proviennent essentiellement d’institutions, telles que le Musée national d’Art moderne/ Centre Georges Pompidou, ou le Fonds National d’Art Contemporain, le Fonds Régional d'Art Contemporain Rhône-Alpes, ou bien sont le fait d'artistes tels que Pierre Soulages ou Raymond Hains.
 
 
Exemples d'œuvres récemment acquises : 
Arnaud Labelle-Rojoux, Who’s afraid of design, installation, 19 éléments, 2009. Achat en 2009.
Arnaud Labelle-Rojoux est né en 1950 à Paris. Proche à ses débuts de la performance et de Fluxus, il poursuit depuis les années 1980 une œuvre où le burlesque, le mauvais goût, la transgression et la prolifération sont les maître mots, d’autant plus subversifs qu’ils sont nourris d’une profonde culture. Arnaud Labelle-Rojoux interroge ainsi les systèmes de valeur établis et dominants, comme ici la pensée du design triomphant :
"Tant qu’on ne le brandit pas sottement comme une arme contre la "laideur" qui flétrirait notre espace vital […], le design, qu’il soit italien, scandinave ou nippon, […] semble une entreprise parfaitement honorable, quoique essentiellement commerciale, visant au confort bourgeois de qualité. Cette aspiration au bien-être domestique plutôt haut de gamme, je l’associe sur le mode burlesque, pour ce qui est de sa dimension utilitaire et consumériste à Jacques Tati, et, pour ce qui est de l’apparence, à l’emploi généralisé dans les années 1970 des matériaux plastiques de couleurs vives, appliqués à des formes épurées impeccables. […]. Au fait, c’est quoi ce titre Who’s Afraid of Design ? […] Libre naturellement à chacun d’interpréter cette peinture, mais ce pourrait bien être une parabole : celle de la croyance en une modernité esthétiquement correcte salopée par les artistes mêmes. Affreux, sales et méchants, forcément !"
Arnaud Labelle-Rojoux.
Cette installation, conçue pour le musée et acquise en 2009, comprend la toile éponyme et 18 autres dessins, table, tabouret, collages, etc. Elle permet de mettre en confrontation et en réflexion critique deux parties de notre collection : le design et les beaux-arts, et de proposer, à travers une vision artistique personnelle, d’en définir les contours, les attributions et les enjeux.
L’œuvre est à découvrir au musée jusqu’au 22 août 2010 dans la présentation de la collection Consommables.
 Retour haut de page
Bernard Piffaretti, Sans titre, 2004. Don de l’artiste, 2009.
L’œuvre de Bernard Piffaretti dessine un sillage singulier dans le paysage de la peinture contemporaine. Il manifeste une certaine continuité par rapport à la grande tradition de la peinture abstraite européenne, mais nie le caractère spirituel et absolu de cette même tradition, lui préférant une approche concrète, personnelle, physique et immédiate du travail de la peinture. L’engagement de Bernard Piffaretti pour un processus concret et réel élimine l’absolutisme de la forme parfaite comme grande métaphore de l’Univers. Dans ce sens, il est un artiste de l’époque post-utopique par excellence.
L’œuvre Sans Titre, 2004, est un "inachevé", une toile où la répétition du motif premier n’a pas été réalisée, laissant une moitié de la composition vierge. L’exposition "On inachève bien les tableaux" qui lui a été consacrée au Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne, sa ville natale, du 21 février au 26 avril 2009, proposait justement l’inachèvement comme clef de compréhension de son œuvre. L’inachèvement comme ouverture au doute et à l’aléatoire, l’inachèvement garantissant d’infinies variations à partir d’une seule règle, l’inachèvement libérant la peinture de la question du but à atteindre.
La toile a été offerte par l’artiste au Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole en 2009. Chaque année, la générosité d’artistes et de collectionneurs (en 2009 Jean-Michel Alberola, Salvatore Garau, Jacques Beauffet et les 5.5 designers) permet à la collection du musée de s’enrichir.
Retour haut de page  
Pierre PAULIN, Fauteuil Ribbon chair, 1966.
Pierre Paulin (1927-2009) s’est imposé comme une figure incontournable de l’histoire du design, depuis les années 1960. Influencé d’abord par le modernisme, le design scandinave et le design américain de Charles et Ray Eames, il crée dans les années 1960 un mobilier aux lignes simples et fonctionnelles, adapté aux goûts et aux modes de vie de l’époque par la sensualité de leurs courbes, et leurs couleurs vives caractéristiques. Nombre de ses productions (Orange Slice Chair, 1966 ; Tongue, 1967) sont aujourd’hui emblématiques de cette période des "Trente Glorieuses", où la démocratisation du design par l’industrie va de pair avec la recherche du confort et du plaisir. Si son style apparaît comme révolutionnaire, c’est en grande partie grâce aux techniques qu’il emploie alors, et particulièrement l’usage de mousse de polyuréthane recouverte de textiles élastiques.
La Ribbon Chair doit son succès à la pureté de ses lignes, en forme de ruban replié, ainsi qu’à son revêtement psychédélique Sundown, imaginé par le créateur de textile Jack Lenor Larsen, et originellement destiné à l’industrie du vêtement. Le tissu extensible s’adapte et moule parfaitement la forme du siège.
Le fauteuil est dessiné en 1965 et édité en 1966 par la société Artifort, avec laquelle Pierre Paulin collabore à partir de 1959.
Cette acquisition s’intègre à l’ensemble de 8 pièces de Paulin déjà conservées au Musée, et représentatives de l’évolution de son travail des années 1950 aux années 1980.
Retour haut de page  
Jean-Michel ALBEROLA, Jeanne, Pierrette, Martin, Gotlieb, Spiess, 2002.
Dans la série de dessins Heimatlos Jean-Michel Alberola offre un portrait conceptualisé de personnages devenus nomades, ayant perdu leurs "chez eux".
Le terme de portrait est utilisé ici dans le sens où le titre du dessin correspond à l'identité d'une personne. Mais cette identité n'est pas dépeinte par Alberola selon une ressemblance de traits physiques, mais en tentant d'évoquer des traits d'une sensibilité qui correspondrait à celle de ces personnes éloignées de chez elles, nostalgiques et solitaires, errantes et fragilisées.
Ainsi Anna Maria Grether, Katarina Joseph Watcher, Michael Huboletzky, Jeanne, Pierrette, Martin, Gotlieb, Spiess, et Anna Maria Bergdorf sont autant d'exilés devenus criminels en Suisse, fichés par la police, et dont les clichés ont été utilisés par Alberola. Leur destin ainsi traduit par l'artiste devient une thématique universelle dépassant les cas personnels, ce qui constitue bien le rôle même de l'art.
 
Lorand Hegyi
Retour haut de page  
Adresse postale: Musée d'Art Moderne - La Terrasse - BP 80241 - 42006 St-Etienne cedex 1 - Adresse GPS: Rue Fernand Léger - 42270 Saint-Priest-en-Jarez
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 h à 18 h - Tél. : 04 77 79 52 52